Michael Bechler

7 février 2026

Dario Amodei est-il le patron IA le plus lucide sur les dangers auxquels l’humanité va faire face ?

Le patron d’Anthropic, l’entreprise américaine qui développe Claude, une IA concurrente à ChatGPT, prend souvent la parole sur des sujets sensibles vis-à-vis de l’Intelligence Artificielle et des dangers qu’elle peut représenter. Moins cynique qu’Altman et plus raisonnable que Musk, il pose les bases d’une réflexion saine, malgré des intérêts financiers indéniables.

Il a récemment publié un article sur son blog intitulé « The Adolescence of Technology », ou en français, « L’adolescence de la technologie : affronter et surmonter les risques liés à une IA puissante ». Son intervention à Davos a aussi permis de mettre en lumière des points de vues divergents, notamment avec Demis Hassabis (PDG de Google DeepMind).

Dans l’intimité feutrée d’Aspen 1, le 20 janvier 2026, Zanny Minton Beddoes a orchestré une joute feutrée entre Dario Amodei (Anthropic) et Demis Hassabis (Google DeepMind) sur “The Day After AGI”. Le décor était soigné, l’heure comptée — trente minutes pour prendre la mesure d’une décennie à venir. Amodei a campé une trajectoire courte, reprenant l’idée que le palier “Nobel‑level” n’est peut‑être plus qu’à un souffle, là où Hassabis a maintenu une prudence méthodique: environ 50% de chances d’atteindre l’AGI d’ici la fin de la décennie, mais seulement au prix d’une ou deux percées majeures encore manquantes — mémoire à long terme, apprentissage continu, raisonnement et planification à renforcer. Deux visions qui se frôlent sans se confondre: l’urgence d’une accélération auto‑entretenue chez l’un, le besoin de nouveaux ingrédients chez l’autre.
 
Sur le terrain du concret, Amodei a décrit des équipes qui “ne tapent plus de code” et prédit que des modèles pourront accomplir “la plupart, voire la totalité” du travail d’ingénierie logicielle de bout en bout sous 6 à 12 mois — de quoi encore compresser les cycles d’innovation. Hassabis, lui, voit déjà poindre l’impact côté emploi: les premiers frissons se font sentir sur les postes juniors et les stages, tandis que tous deux plaident pour des garde‑fous et une coordination internationale dès maintenant. Dans le même souffle, Hassabis a mis en garde contre des financements au “goût de bulle”, et Amodei a plaidé pour durcir l’accès aux puces et infrastructures IA avancées, jugeant que la compétition géopolitique laisse peu de marge pour “ralentir” sans concertation. Davos a rarement semblé si proche du futur — et si conscient de ses risques.
 
Alors, lequel est le plus proche de la vérité ? Aucune idée à ce stade, mais les points de vue sont à la fois intéressants et glaçants, surtout pour nous, « pauvres mortels », équipés principalement de nos vieux cerveaux biologiques et contraints d’utiliser des modèles encadrés par la vision de ces géants de la tech.
 
Alors si j’avais un conseil, quel que soit votre âge, c’est de continuer de faire travailler vos neurones, de les pousser dans leurs retranchements, parce que le plus grand danger ne vient pas de l’IA mais de la paresse cérébrale que certains tentent de nous offrir confortablement !
 

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